Translocation d'orangs-outans d'un milieu sauvage à un autre
De nouvelles lignes directrices de l'UICN soulignent que les orangs-outans peuvent survivre et se reproduire dans des habitats modifiés, à condition de pouvoir se déplacer librement pour accéder aux ressources forestières et d'être protégés contre la mise à mort et la capture. Le transfert d'orangs-outans sauvages en réponse à leur présence à proximité de cultures ou de zones fréquentées par l'homme doit constituer un dernier recours, envisagé uniquement lorsque la vie d'un individu est en danger immédiat. Ces directives reposent sur le principe de précaution selon lequel « la protection des populations sauvages demeure la priorité » : en l'absence de preuves garantissant qu'une action ne causera aucun préjudice, celle-ci doit être considérée comme potentiellement nuisible et évitée. Il est établi que le transfert peut nuire tant aux individus qu'aux populations sauvages. La plupart des orangs-outans rencontrés dans des paysages modifiés par l'homme ne sont pas en danger, à moins de subir des agressions humaines. À l'état sauvage, ces grands singes ne sont pas naturellement agressifs envers l'homme, sauf s'ils se sentent acculés ou menacés ; ils causent relativement peu de dégâts aux cultures et peuvent cohabiter avec les populations humaines si l'on leur laisse de l'espace et que l'on adopte des stratégies de gestion répondant aux besoins des communautés locales, plutôt que de simplement déplacer les animaux. À mesure que l'empreinte humaine s'étend sur l'aire de répartition des orangs-outans, une intensification des conflits est à prévoir ; il est donc urgent de délaisser les approches à court terme fondées sur le transfert au profit d'une collaboration avec les habitants et les entreprises locales, afin de protéger les orangs-outans là où ils vivent, y compris dans les paysages agricoles en mosaïque et autres zones modifiées par l'activité humaine.
Les lignes directrices soulignent que la plupart des orangs-outans présents dans les plantations, les zones agricoles ou les petits fragments forestiers font partie de métapopulations régionales et ne sont menacés principalement que s'ils sont blessés ou déplacés par l'homme. Plutôt que de procéder à leur déplacement, la priorité doit être donnée à la protection des orangs-outans sur place, grâce à l'application de la loi, à l'implication des communautés, à la préservation de l'habitat et à l'élaboration de stratégies de coexistence bénéfiques tant pour les orangs-outans que pour les populations locales.
Outre l'arbre de décision et la procédure détaillée étape par étape présentés dans les lignes directrices, un outil de décision en ligne est disponible à l'adresse https://forms.gle/prxX3A5jFLJgu4pG8 afin d'aider les praticiens à réagir efficacement aux interactions entre orangs-outans et humains et à obtenir des résultats positifs tant pour les orangs-outans que pour les communautés locales.
Citation: IUCN SSC Primate Specialist Group (Section on Great Apes) (2025). Best practice guidelines for orangutan wild-to-wild translocation. Gland, Switzerland: IUCN SSC Primate Specialist Group. 58 pp.


